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1001 idées
pour l'écoquartier des plaintes-du-loup

Bienvenue dans l’écoquartier des Plaines-du-Loup !
Un quartier à haute valeur environnementale qui doit regrouper environ 2000 logements dans les prochaines années. Un quartier imaginé par les personnes qui ont répondu à l’invitation de la Municipalité. A partir d’une page blanche, plus d’un millier d’idées !

Des plus précises aux plus tarabiscotées, mais toutes légitimes. Elles traduisent l’expérience des habitants, leur façon de vivre leur ville, leurs souhaits, transposés dans l’écoquartier à naître. Sans chichis, sans grandes phrases. Feront partie du cahier des charges du concours d’urbanisme prévu, toutes les idées pouvant l’influencer dans le sens du développement durable. Les autres seront précieusement conservées pour les étapes ultérieures.

Sous la forme de huit textes courts, directement inspirés de ces 1001 idées, présentés sur la trame des ateliers, voici donc un premier dessin de l’écoquartier des Plaines-du-Loup. Vous vous y retrouverez certainement, c’est le vôtre.

Vous pouvez également consulter :
- Le catalogue (pdf) des idées récoltées (pour naviguer, utilisez la table des matières!)
- Toutes les idées par ordre alphabétique
- Le dépliant grand format (pdf) présentant tous les textes

Les 1001 idées en huit textes courts:
Grandir
ensemble
// Consommer autrement // Bouger en douceur // Echanger: possible mais pas obligatoire // De la place pour s'activer // S'organiser avec ou sans charte // Construire peu à peu // Le vide et le plein

GRANDIR ENSEMBLE
Au départ, une donnée à prendre en compte : le futur écoquartier grandira en ville. Rien à voir avec un village, parfois si tentant pour des citadins. Ensuite, le souhait d’un brassage des âges « ce serait bien d’avoir des personnes âgées, des étudiants… un mélange » et le rappel que l’équilibre des âges variera dans le quartier « tout candidat à y vivre est une personne âgée en devenir ».
Dans cette perspective, évoquer le voisinage des âges, c’est d’abord se poser des questions, car les réponses toutes faites n’existent pas, sinon ça se saurait : des lieux pour tous les âges de la vie ? Un soin particulier pour la sécurité des uns et des autres ? Des espaces qui favorisent des rencontres tout en répondant à des besoins légitimes de silence ? La consultation permet de s’interroger à temps, avant des dommages irréversibles.
C’est ensuite intégrer, au sens du développement durable, ses incidences sur la préservation du sol et de la biodiversité. Celles-ci s’imposent dès que l’on parle de solidarité et de convivialité. Comme fil rouge, une sorte d’urbanisme végétal. Des espaces verts, conçus pour favoriser la coexistence. Ce qui suppose d’anticiper, mais aussi d’éviter de « donner une affectation à tout, dès le début », « réhabiliter le terrain vague, comme un exutoire aux besoins de liberté d’une population urbaine, de plus en plus contrôlée ».
A propos de générations, les spécialistes de la vie dans les quartiers sont aussi les enfants et les adolescents : « si on leur demandait leur avis sur la manière de concevoir ce qui leur est destiné ? ».

CONSOMMER AUTREMENT
Un quartier « zéro carbone »… possible ? « Zéro déchets »… imaginable ? Oui, on le sait de source sûre. Et on peut parler aussi de l’écogestion de l’eau, d’une économie locale et responsable et de la production d’aliments locaux. Toutes ces idées sont bonnes à prendre, de l’avis général et sans aucune contestation. Les avancées technologiques dicteront leur mise en œuvre. Leur catalogue est connu ( la société à 2000 W ) ! Avec au moins deux exigences qui font l’unanimité :
– L’exercice commence dès le début de la construction du quartier et passe aussi par le choix des matériaux, leur recyclage… L’écoquartier devient ainsi « un laboratoire », aussi pour la gestion des déchets, la promotion du troc, l’utilisation des déchets verts pour produire du biogaz.
– La conception du quartier répond à un objectif d’optimisation énergétique. On pourrait à ce propos « réaliser des réseaux visibles d’eau, d’énergie », sous forme symbolique pour prendre conscience des utilisations quotidiennes complétés d’un baromètre pour mesurer les efforts des habitants.
L’application de ces principes se traduira aussi dans la promotion de commerces de proximité et ainsi « fixer par le droit de superficie, les critères de conformité de ces commerces avec l’esprit du quartier »; et encore « pas de surfaces qui attirent les gens en voiture depuis l’extérieur »; « privilégier les infrastructures et les commerces spécialisés dans la mobilité douce »… Des exemples, parmi de multiples autres, d’une économie locale et solidaire. Tout cela, à l’échelle de l’écoquartier : « 2000 logements, c’est un espace économique réduit ! ». Mais ses habitants « seront peut-être plus motivés à faire tourner le petit commerce de proximité que la moyenne des consommateurs ».

BOUGER EN DOUCEUR
Des transports en commun performants et priorité à la mobilité douce. Au minimum ! A partir de là tout se complique.
Au sujet de la voiture, les solutions radicales ont leurs adeptes : la plus petite place possible pour les voitures, pas de routes en tant que telles, mais des espaces publics qui puissent être utilisés comme des routes… Les solutions de compromis aussi : renoncer, dans le bail, à posséder une voiture, pas de places de parc prévues avec le logement, des garages collectifs conçus de façon à pouvoir les réaffecter en cas de baisse de la demande, promouvoir le covoiturage… Et pourtant une volonté commune : pouvoir accéder, même de manière restreinte, aux logements pour déménager, transporter des personnes à mobilité réduite, pour les secours… et surtout éviter de faire porter aux quartiers environnants les nuisances provoquées par les habitants et les visiteurs de l’écoquartier.
Les formules d’encouragement aux déplacements à pied et à vélo excitent le plus l’imagination : « Un couloir vert au milieu du quartier, des incitations à la promenade, la continuité des cheminements cyclables et piétonniers à travers tout l’écoquartier…». Il faudra encore prévoir des « raccordements efficaces » avec les voies de communication « normales » qui traverseront l’écoquartier ou qui le ceintureront. Encore faudra-t-il que ces autres façons de se déplacer soient très performantes et plus attractives que la voiture.
A cela s’ajoute que les humains ne seront pas les seuls concernés… A quand des réseaux de mobilité (douce !) pour la faune ? Voire pour la flore…

ECHANGER : POSSIBLE MAIS PAS OBLIGATOIRE
La mixité à tout prix est artificielle, mais la diversité a du bon : « je ne veux pas aller dans un quartier où tout le monde me ressemble ». Permettre la coexistence dans la mixité, c’est par exemple « favoriser une diversité des modes de vie en prévoyant des parties d’habitation et d’activités plus calmes, des parties d’habitation où la distinction entre espaces publics et lieux privés est claire… ». Et cela vaut aussi bien pour les logements que pour le reste des espaces du quartier.
Parvenir à atteindre les objectifs ambitieux de solidarité, convivialité et participation ne se décrète pas. Tout au plus est-il possible de créer les conditions de base d’une réussite. Et cela passe par plusieurs pistes. Dans le catalogue, de longues listes dont
voici quelques extraits : éviter des
logements trop chers ; expérimenter des coopératives d’habitation diversifiées ; des lieux de rencontre ; la rue, dans tous les sens du terme ; des places et surtout « LA » place, comme lieu informel de rencontres de hasard, de plaisir et ensuite, une maison de quartier, des lieux de culte ; du vide, une anarchie souhaitable ; un four à pain ; des événements collectifs ; des espaces d’expression culturelle, créatrice et artistique ; et encore de nombreuses pistes pour favoriser l’entraide comme le fait d’installer les seniors au rez-de-chaussée pour qu’ils voient vivre le quartier et puissent proposer leurs services ou recevoir de l’aide.
Résumer l’esprit de ces idées foisonnantes ? « Pas de lignes droites qui empêchent de s’arrêter !».

DE LA PLACE POUR S’ACTIVER
La mixité fonctionnelle dans l’éco-quartier, sous l’angle du développement durable, c’est l’antidote au quartier dortoir. Mélanger les emplois, les activités multiples et diverses et les logements. Autrement dit, la possibilité pour les habitants de disposer, près de chez eux, de ce dont ils ont besoin grâce aux petits commerces. Et, dans cette perspective, il y aurait aussi de la place pour des métiers en phase avec l’esprit du quartier, des centres de formation, des activités culturelles, sportives et de loisirs : des artisans ; des recycleurs ou la « version bio des activités traditionnelles » ; un centre de formation professionnelle pour que le quartier soit aussi un lieu de vie, d’apprentissage ; un marché ; un mur d’escalade qui est aussi un spectacle qui crée de la convivialité ; des artistes qui puissent vivre dans des appartements /ateliers et des possibilités d’exposition ; des étendages pour pouvoir sécher son linge au soleil ; une piste finlandaise pour faire le lien avec les autres quartiers… Très pratiquement, encore : la vie du quartier passera par des rez-de-chaussée d’immeubles réservés à d’autres fins que le logement.
Ce sont des exemples. La liste n’est pas exhaustive. Cette mixité « durable » pourrait être la carte de visite de l’écoquartier et lui donner une place particulière parmi les autres quartiers urbains. Avec une volonté commune : quelles que soient les activité prévues, des espaces libres laissés à la disposition des habitants qui les aménageront à leur convenance sont indispensables.

S’ORGANISER, AVEC OU SANS CHARTE
Les règles de la vie en commun dans ce quartier pas comme les autres font débat. Car il reste à inventer une sorte de « culture de la durabilité » qui n’existe pas encore à cette échelle : « inventer une nouvelle forme d’habitat collectif en ville dans laquelle on décide ensemble de ce qui est important ». Ainsi, « Les bâtisseurs de l’écoquartier signeront des chartes et des engagements ; les utilisateurs devraient aussi se plier à certaines règles ».
Mais jusqu’où aller dans l’organisation ? Une charte de quartier, est-ce l’instrument adéquat ? Au moins pour la majorité, son utilité n’est pas contestée. Mais c’est « à l’usage » que les habitants la testeront. Pour l’instant, elle se présente plus comme un « engagement moral ». Toutefois, des «sanctions» si elle n’est pas respectée ont aussi été imaginées. S’organiser c’est aussi donner la parole aux habitants et poursuivre la démarche participative sur le terrain, favoriser les initiatives, laisser la place à l’imagination de ses habitants, organiser un comité de quartier avec droit consultatif. Et c’est encore favoriser les échanges de savoirs, aussi sur l’esprit du quartier avec un espace public à vocation pédagogique.
Toutes ces pistes ont aussi l’avantage de pouvoir transmettre plus clairement l’esprit de l’écoquartier aux nouveaux arrivants : les 2000 logements ne se construiront pas d’un seul coup ! Dans cette perspective, une maison de quartier pourrait jouer un rôle décisif.

CONSTRUIRE PEU à PEU
Les règles de construction progressive de l’écoquartier des Plaines-du-Loup font pratiquement l’unanimité, dans l’esprit du développement durable : privilégier les matériaux sains et écologiques ; utiliser des ressources locales, renouvelables et recyclables ; mettre en œuvre un concept constructif simple, fonctionnel et flexible ; densifier.
Sur cette base, trois points de repère plus concrets. Il s’agira de :
– Garantir la diversité de l’offre de logements. « Favoriser la construction de logements pouvant accueillir tous types de populations », des logements pour toutes catégories de revenus et grandeurs de ménages, mais aussi des logements protégés, pour étudiants, pour handicapés, pour l’accueil des demandeurs d’asile…
– Prendre soin de l’esthétique du quartier. Sur la base d’un concept urbanistique respecté sur la durée de la construction. « Il faudra du temps pour que ce quartier ait une âme ». Celle-ci pourra toutefois se construire à partir de l’histoire du lieu, en gardant une trace du stade au sol par exemple.
- Favoriser les échanges et les liens avec les autres quartiers. La condition « sine qua non » de la réussite. Pas d’écoghetto ! Construire un nouveau quartier dans la ville, pas une île !

LE VIDE ET LE PLEIN
Les 1001 idées pour l’écoquartier des Plaines-du-Loup donnent une image fidèle du « plein ». Plein de construction, plein d’exigences diverses, plein de projets durables, plein d’expériences à tenter pour oser le changement, plein de nouvelles pistes pour la ville.
Et pourtant, depuis le début, le leitmotiv de la récolte d’idées aura été le vide ! Préserver des espaces vides pour laisser une place à l’imagination permanente, pour de nouvelles pratiques, ou tout simplement pour « décongestionner » le quartier.
« Pas d’espaces trop calculés. La vie en ville ». « Du vide pour organiser des marchés ou des  rencontres ». Gérer le vide comme le plein, avec un suivi des réalisations sur le long terme et des « gardiens de projets » ( le vide est si vite rempli ! ).
Le vide, comme un sas entre le rêve d’un quartier à haute valeur environnementale et la réalité économique qui reprend ses droits. Cette idée a même été si loin que certains se sont mis à plaider pour un quartier « pas fini » qui se compléterait à l’usage, en quelque sorte. Parce qu’un écoquartier se crée pour durer.

contact : ola.metamorphose@lausanne.ch